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J27: Sallent de Gallego - Candanchu 21/08



Ou comment perdre du temps en prenant des raccourcis … Ou encore l’étape qui en une fraction de seconde me rapproche autant de la maison que les 26 étapes précédentes, c’est en effet l’étape où apparaît pour la 1e fois le familier pic du Midi d’Ossau. Il nous apparaît de son plus beau profil, habillé à son habitude d’un horizon de lacs et de sapins. Les troupeaux de bêtes, paisibles sur les berges des lacs d’Anayet semblent admirer ce vestige d’éruption volcanique.

Non moins spectaculaire et à proximité : le pic d’Anayet, une aiguille incisive ou plutôt un tremplin vers l’Ossau depuis le col qui le précède. Il est si proche qu’il m’a été impossible de résister à l’envie irrépressible d’en faire l’ascension, une ascension aussi imprévue que sympathique. On y accède par des dédales de grés rouge vif, suivis d’un passage aérien équipé de chaines, puis c’est l’ascension par une cheminée qu’il faut gravir, probablement l’ascension la plus sympathique de toute la traversée. Ce n’est assurément qu’un premier contact, en bas le plateau verdoyant et parsemé de lacs dans lesquels se reflète l’Ossau est un havre de paix dans un cadre grandiose, une explosion de couleurs vives : rouge, vert, bleu, gris, marron, blanc (à rendre jalouses les chemises sénégalaises de Manu). Un tableau qui invite le marcheur à revenir une et autre fois.

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La beauté de cette étape (et de celle d’hier) n’a d’égal que mon obstination dans la recherche de raccourcis. C’est ainsi qu’à 2 reprises, pour éviter 2km de route ou une boucle de GR ennuyeuse, je suis allé m’embourber dans des herbes hautes, des éboulis, des cheminées herbeuses, des couloirs de ruisseau escarpés, leurs ronces… Une différence cette fois-ci : j’en suis assez content, le premier faux-raccourci m’a évité de fouler le bitume, le second m’a permis de faire l’ascension de l’Anayet, de surfer sur un couloir d’éboulis, et de descendre un ruisseau !

Ce soir dodo à Candanchu, seul dans mon dortoir, après avoir diné avec 2 français, 2 catalans et leur fille, une allemande et après avoir passé 1h30 à me détendre dans le jacuzzi, le hammam, la piscine et le sauna du tout proche hôtel Santa Cristina, j’ai eu du mal mais je l’ai trouvé mon spa de prolo à 10 euros, héhé ! Quand je pense à tous ceux qui sont en train de se dire « pauvre Txomin, il doit en chier tout seul au froid dans sa tente à manger du paté »…

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Point culminant : Pic de l’Anayet 2545m
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Fait du jour :
  • La maison se rapproche à grands pas, aujourd’hui l’Ossau pointe enfin son nez
  • L’ascension de l’Anayet, une découverte
  • L’entrée dans le village de Candanchu en été donne l’impression de visiter un village abandonné du far west, un village désert où il ne manque que les ballots de ronces séchées traversant les rues. Vous marchez au milieu de la route, pas une voiture, pas un volet ouvert, vous pouvez chanter, gueuler, marcher à poil vous n’aurez personne à la fenêtre, c’est une zone sinistrée !
  • Un petit spa pour la route (de prolo bien entendu, j’ai des valeurs)

Dicton du jour : « Pourquoi marcher 6h quand on peut en marcher 8 sans aller plus loin ? »

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Zorionak Eñaut !

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Clin d’œil :

  • En passant à Formigal je me suis demandé si je n’y verrais pas les Irala : Andoni, Miren, Antxon et Joana.
  • L’Ossau, Candanchu, Jaca pas loin, m’ont rappelé mes 6 mois de stage à Oloron, ville où le Béarn montre son plus beau visage, confluence de 3 vallées dont je suis tombé amoureux et juste de l’autre coté du tunnel près duquel j’ai fait escale ce soir, donc grand clin d’œil aux Oloronnais : Laure, Mimi, Damien, Bruce, Patrick, Morgann, Toto, Hoa, Vincent, Marc, Eric « Kuerten » De Groote, Eliane Tidahy, Jean-Louis Coquard.

A Formigal
L'Ossau pointe son pic pour la 1e fois
Pic rouge
Ossau et lac de l'Anayet
Pic de l'Anayet

En route vers l'Anayet



Panorama en haut de l'Anayet
La Rinconada
Vertice del Anayet
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La légende dit qu'un corpulent paysan Basque a été pétrifié par la foudre il y a 50 ans à cet endroit même, bien sûr ce n'est qu'une légende...


J 28: Candanchu - Zuriza 22/08

31km 1250m D+ 1450m D- en 8h45 pauses incluses au lieu de 10h sans les pauses !


L’orage terrible de cette nuit m’a fait repenser le bivouac prévu initialement pour ce soir. J’ai choisi la solution alternative qui est de doubler l’étape et aller directement à Zuriza. Ce sera long mais comme le dit le dicton : « c’est pas parce que c’est long que c’est con ! » même si « Plus c’est long…moins c’est curt et plus c’est dour ».

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De plus en plus le sentier ressemble à nos sentes souletines ou bas-navarraises. Quoiqu’il en soit aujourd’hui l’alternance de paysages et d’ambience reste de rigueur : au début ambience stationde ski déserte, puis landes parsemées de blocs calcaires épars, puis une forêt de hètres, des ravines, des éboulis de part et d’autre de torrents verticaux dans un cirque étriqué, puis de grands plats herbeux nous menant au fameux lac d’Estaëns, le tout enveloppé dans un brouillard à la fois protecteur et inquiétant.

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Je suis en vallée d’Aspe, le sentier me fait lézarder dans les belles forêts de hètres que j’ai eu plaisir à découvrir il y a 3 ans lors de mon stage à l’hôpital d’Oloron. Les souvenirs pleuvent : Marie Blanque, les lacs d’Ayous, les cèpes géants, les châtaignes, girolles, patxaran, fromage de brebis, parapente, festival folklorique de Jaca, l’escalade, les gaves, le chocolat Lindt...

Le tracé du jour me fera passer successivement par les vallées d’Anso, d’Echo, avant d’arriver au col de Pietraficha où m’attend un paysage que j’attends de voir depuis plus de 15 ans : la sierra d’Alano et ses spectaculaires crêtes, impressionnant contrefort, mur de plusieurs centaines de mètres de long et de haut. Une sorte d’Iparla à l’âge adulte : il m’en tombe la bave de la bouche !

Zuriza n’est qu’un vaste camping aux limites de l’Aragon, aux portes de la Navarre. Alors quand je demande où se trouve le village matérialisé par de petits carrés sur ma carte, on me signifie que les petits carrés sont en fait les bungalows du camping ! Ses habitants les campeurs, sa langue l’Euskara (la très grande majorité des campeurs sont de Gipuzkoa), à part les gérants tout le monde ici est euskaldun.

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L’étape a été longue, la concentration de rigueur, les souvenirs resurgiront avec le temps ; pour le moment je n’ai plus rien à conter.

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Demain je quitte l’Aragon pour entrer en Navarre ; je quitte un peuple sans conscience de son identité, radin, avide de recettes à tout prix, malpoli (à titre d’exemple la descente à la Mina ce jour : sur la soixantaine de touristes croisés 10% de bonjours spontanés, 20% de bonjours répondus, 20% de silence en réponse à mon salut, 50% de têtes qui se baissent). Heureusement je n’en ressors pas brecouille, une nouvelle paire de lunettes de soleil Ray Ban trouvée sur le sentier vient tenir compagnie au reste de mes affaires. Un simple bonjour aurait surement permis à son propriétaire de les retrouver. Aucun remords. Quand on ne répond même pas à un bonjour faut pas demander son reste.

Point culminant : Col de Petraficha 1960m

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Fait du jour :

  • Doublette !
  • Petit passage en vallée d’Aspe, les souvenirs d’Oloron resurgissent.
  • Après en avoir rêvé pendant plus de 15ans, me voilà face aux hallucinantes crêtes de la Forca d’Alano.
  • Faudra vous habituer à me voir porter des Ray Ban…
  • Crash d’un avion de la Spanair hier : plus de 150 morts, j’en connais un qui doit être content de plus être président d’Iberia.

Dicton du jour : cf plus haut

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Clin d’œil :

  • Amutxainea. C’est là-bas que j’ai découvert en photo sur un bouquin de Miguel Angulo la fameuse sierra d’Alano. Ce soir face à cette sierra je suis un peu à Ainhoa, clin d’œil donc aux Irala : Martine, Txabi, Iker, Magali, Xabi, Unai, Iban, Eneko, Valeria y medio, Peio, et à Ibon Julen et Alex (vivement les prochaines fêtes d’Ainhoa).
  • Ce matin l’allemande du refuge m’a raconté son programme pour les jours à venir avec cet accent caractéristique des erasmus, un clin d’œil donc à tous ces erasmus qui ont croisé ma route et qui me reviennent ce matin à l’esprit : Rieke, Inge, Ines, Sönke, Laura, Friedo, Zuzana, Simone, Chrisztov P, Wölf, Amaya, Nuria, Andreas, Sara, Carmela, Izaskun, Gianfranco, Nuria, Eric, Elena, Cristina, Miguel, Florian, Hristo, Maria, Mikel, Alex, Sergio, Josune, Mateo, Eric…

Encore un sms encourageant de Damien, après « tu vas pas y arriver, t’as pas le physique », voici le « j’étais septique (com la fosse) sur ton potentiel physique pour terminer le GR11 mais avec tes 2 pauses de 3 semaines entre les étapes maintenant j’y crois ». Sacré Damien ! C’est toi qui avais réservé ma place pour les fêtes de Bayonne ?





Lac d'Estaëns
Aguas Tuertas
La grande porte d'Aguas Tuertas, derrière: un géant gardant l'accès, un monde de merveilles peuplé d'êtres surnaturels...Ah que Johnny
Les nuages français s'évaporent dans leur tentative d'envahissement du versant espagnol. Sur le chemin des Ray Ban poussent régulièrement...
L'Aragon Subordan transporte le sang de la Terre
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Chlorophile or not Chlorophile
La véritable muraille de la Sierra de Alano